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38. Willow : Témoignages

 

Aujourd’hui, on recoupe les ongles de Grisette

Gourmande et Grisette sont deux ânesses qui partagent le même pâturage. Gourmande, la doyenne de la contrée, toise du haut de ses 28 ans la jeunette Grisette qui n’en a que deux.

Aujourd’hui est un jour assez particulier pour Grisette : elle se fait parer les pieds.

Vu son jeune âge, sa croissance n’étant pas encore terminée, un parage des pieds est nécessaire 3 à 4 fois par an.

Le rendez-vous est prévu début d’après-midi. Son propriétaire vient donc la chercher un quart d’heure avant.

Il sort de sa poche un quignon de pain qu’il partage entre elle et Gourmande, ce qui facilite grandement la mise en place du licol.

Gourmande assiste à cette « prise en main » tout en mâchant sa croûte de pain. Puis Grisette s’en va à son rendez-vous. Gourmande ne la quitte pas des yeux jusqu’au moment où Grisette disparaît à un détour du chemin.

Gourmande reste alors attentive, les oreilles pointées vers l’avant avec l’espoir de voir réapparaître sa compagne ou au moins de l’entendre.

Après quelques instants, elle commence à braire. (Son répertoire de chant est quelque peu érodé par le temps. Monter dans les aigus lui est devenu presque impossible.)

Elle longe alors la clôture et tente désespérément d’apercevoir la silhouette de celle qui partage sa prairie. Hélas, rien.

Elle se met à courir, tête baissée, oreilles couchées sur l’encolure, la langue dépasse. Elle s’ébroue.

Elle recommence dans l’autre sens en secouant la tête. Par moment, elle fait même mine de vouloir passer par-dessus le fil électrique.

Elle s’ébroue à nouveau, s’énerve.
Ceci dure 5 à 10 minutes.

Je décide alors de lui donner 3 gouttes de Willow sur un morceau de sucre.

En l’approchant, je lui parle, puis la caresse et lui donne son sucre. Je lui prends sa tête dans mes bras et lui parle à nouveau. Je laisse une main sur son front. Le contact dure 3 à 4 minutes.

Je referme la barrière et elle m’accompagne jusque derrière celle-ci. Elle me suit du regard jusqu’à ce que je disparaisse dans le garage.

En arrivant au rez-de-chaussée pour l’observer, elle est déjà en train de brouter l’herbe, presque d’une manière indifférente.

Peu importe si ce sont les gouttes, le sucre (qu’elle adore), mes caresses ou mes paroles. Je pense que c’est l’ensemble de tous ces éléments qui a contribué à la ramener au calme.

Jacques Schul

 

 

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